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Oleg
Kagan played Tzigane and I listen to him backstage. Every time it is a
deep pleasure, even though fugitive as the piece is so short. Oleg plays
this masterpiece in a marvellous way.
Sviatoslav Richter 5/83
B. Monsaingeon, Richter, Éditions Van de
Velde/Actes Sud/Arte Éditions 98
In der fünfeinhalbten Minute von Saint-Saëns’
Introduktion und Rondo gelingt ihm das physikalisch Unmögliche: Oleg Kagan hat noch einen Finger unten auf der G-Saite, spielt aber schon
in höchster Lage auf der E-Saite weiter. Mischpultgemogel ist ausgeschlossen, es handelt sich um einen Live-Mitschnitt aus dem Moskauer
Konservatorium von 1980. Der Geiger aus Sachalinsk, der mit erst 53 Jahren in München starb, war eben recht dämonisch, er ließ die Töne
rauschen, heulen, schluchzen, krachen. … In Prokofieffs erstem Violinkonzert haben seine Töne schlackenlose Intensität, ihre Konzentration
scheint sich keiner Absicht zu verdanken – reine, beunruhigende Energie.
Volker Hagedorn, Klassik heute 4/1998
Parmi les collections consacrées ces dernières années à l‘art de violonistes contemporains,
celle-ci est sans doute l‘une des plus originales et des plus riches, car elle ne contient que des enregistrements de concerts inédits qui permettent
d‘apprécier pleinement le talent de l‘un des plus éminents archets russes de 1‘après-guerre. Le programme proposé dans ces six nouveaux volumes est aussi
passionant en variété et en qualité que celui des neuf premiers (cf. Diapason
no. 402, 410, 411, 422 et 423). Le formidable duo Kagan/Richter, dont nous connaissions déjà les témoignages dans des sonates de Mozart, Beethoven, Brahms ou
Chostakovitch, nous propose une unique intégrale des quatre sonates pour violon et piano de Hindemith (vol. 10). Dans ce répertoire peu fréquenté, souvent rude
et dissonant, on admirera autant l‘opiniâtreté du discours, la richesse des couleurs, le sens du mystère que la maîtrise de l‘énergie. Un mé1ange unique de force,
de cohérence, de motricité, de rudesse et de sérénité donne à cette Vision une fascinante virilité qui l‘impose d‘emblée comme une incontournable référence.
Les deux Partitas de Bach réunies dans le vol. 11 furent enregistrées dix ans avant l‘intégrale publiée par Erato (cf. Diapason no. 386). On y retrouve cette
autorité du propos et ce souffle les lignes, mais la maîtrise instrumentale et la magnificence de la sonorité sont ici nettement plus parfaites que dans la version
ultérieure où Kagan était déjà affaibli par la maladie. Certes,
ici et là, grandiloquence et emphase chargent un peu sa diction, mais la conduite du chant est menée de main de maître, comme en témoignent la perfection de
l‘articulation et la sûreté de l‘intonation. Au vol. 12, le violoniste recrouve Sviatoslav Richter dans le Grand Duo de Schubert que le pianiste russe avait déjà
enregistré avec David Oistrakh quinze ans plus tôt. On sait que Richter a toujours usé de tempos très retenus dans Schubert, comme pour mieux en goûter toutes les
subtilités, mais ici le vibrato trop actif de Kagan fait perdre de sa pureté au discours et la cohésion spirituelle est moins parfaite qu‘avec Oistrakh,
principalement en raison de cette fébrilité du violoniste. Le Trio de Chostakovitch aux côtés de Natalia Gutman constitue donc le principal intérêt de ce
disque. L‘oeuvre est ici porté à un degré de tension extrême par le ton déchirant du violon, la profonde mélancolie du violoncelle et l‘implacable mérique du
piano. Thèmes macabres et climats lugubres se succèdent avec une bouleversante intériorité, tandis que les rares moments d‘effusion prennent une dimension
inexorablement tragique. L‘intensité de l‘engagement et le pathétisme ardent liés à l‘atmosphère de la scène
en font une version d‘une rare densité émotionnelle. Le vol. 13 rassemble des oeuvres concertantes pour violon et orchestre provenant de deux concerts
distincts (mars 1980 et mars 1986). On y entendra une bouillonnante interprétation du Concerto no. 1 de Prokofiev, parfois un peu désordonnée mais grisante
d‘ivresse (Scherzo), une vision puissamment exaltée de Tzigane, puis une Introduction et Rondo capriccioso au romantisme échevelé. En revanche l‘enregistrement
plus tardif de la Fantaisie de Schumann laisse apparaître, malgré l‘enthousiasme et l‘émotion du jeu, une expression plus torturée et plus torturée et plus
décousue. Dans le vol. 14 on découvrira le très rare Trio en fa dièse mineur de César Franck,
oeuvre de jeunesse cyclique, basée sur des cellules thématiques que l‘on retrouve de mouvement en mouvement. Si Je ton résolu, les sonorités denses et les
vibratos nourris des interprètes en exaltent plus volontiers la ferveur romantique que la fraicheur mélodique, la perfection de la réalisation ne peut que
laisser admiratif. Suit un Trio de Ravel vivant et pittoresque de bout en bout, inépuisable de noblesse (Passacaille) et étince1ant de timbres (Finale).
Du 15e volume, on retiendra une interprétation vibrante et inventive du Concerto de
Mendelssohn, dans laquelle Kagan se livre sans pudeur, avec une spontanéité fort attachante, mais plus encore un Double Concerto de Brahms où le dialogue
avec son épouse Natalja Gutman prend une dimension totalemcnt passionnelle. Soutenus par un excellent Orchestre de Novosibirsk, alerte et coloré, les deux
solistes unissene leur archet et leur souffle dans un même élan avec une rare intimité de sentiments pour en livrer une lecture jailissante qui vous tient
en haleine d‘un bout à l‘autre.
Jean-Michel Molkhou, Diapason 4/1998
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