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On ne dira jamais assez l‘excellence de cette collection d‘enregistrements live dont les premiers volumes nous
avaient déjà beaucoup séduits. Les suivants sont tout aussi passionnants. Une ambiance de concert, et même souvent de fête, se retrouve dans
chaque enregistrement, témoin du charisme et de la générosité de ce merveilleux violoniste russe disparu à l’age de quarante-quatre ans, l‘un
des élèves préférés de David Oistrakh. Le volume 18 reprend le couplage Brahms-Chostakovitch d‘un disque publié par MK en 1991. Notons cependant
qu‘il ne s‘agit pas des mêmes enregistrements (ceux-ci provenant d‘un concert à
Moscou le 13 mai 1985, alors que le recital MK avait été enregistré à Fribourg deux mois plus tôt). La lecture de la 1re Sonate de Brahms est un modèle
d‘intégrité, de dépouillement et de naturel. Rien n’étire jamais le chant ni ne freine les élans rornantiques qui frémissent de toutes parts en résistant
à la tentation pathétique. Quant à la Sonate de Chostakovitch, si sévère chez d‘autres, elle s‘illumine ici pour briller de mille feux. Lecture vaillante
et fantasque, d‘un souffle puissant et résolument optimiste malgré les longs passages de désolation de l‘écriture, d‘une bouleversante densité d‘un bout à
l‘autre. Le volume 20, quant à lui, renferme l‘une des versions les plus rhapsodiques jamais enregistrées de la 3e Sonate de Grieg. La flamboyance et
l‘extrême liberté du jeu de Kagan, comme de son partenaire, en habitent le lyrisme d‘une lumièrc et d‘une énergie nouvelles, qui vous font découvrir de
nouveaux parfums poétiques et une autre vie rythmique. Un engagement saisissant, un vibrato poignant, un archet incandescent, mais aussi de sublimes
moments d‘abandon et une inépuisable variété de nuances comme de timbres vous tiennent en haleine d‘un bout à l‘autre de l‘oeuvre. Sont ensuite rassemblées
une douzaine dc miniatures venues d‘horizons les plus divers. Qu‘elles soient tendres ou virtuoses, mystérieuses, capricieuses ou délicates, le violoniste
russe livre de chacune une lecture pleine de fantaisie et de panache. Le volume 21 est l‘une des meilleures surprises de cette nouvelle série. Dès les
premières mesures du Quatuor à cordes en ré mineur, le discours aussi sensible que profond vous tient en éveiI. La noblesse du ton, la finesse des trilles,
la dynamique des archets et la pudeur des intentions sont un modèle d‘élégance. Une emotion à fleur de cordes qui s‘entend dans les vibratos et jusque dans
les respirations, la fluidité naturelle du chant, le raffinement des timbres (Trio central du Menuetto), et cette pulsation qui paraît venir continuellement
du coeur nous offrent un moment de rêve digne des plus grands quatuors. Le ton conserve cette grâce envoûtante dans le Quatuor avec piano en sol mineur.
Richter, Kagan, Bashmet et Gutman trouvent en effet d‘emblée ce ton de confidence et d‘apparente insouciance, cette minutie du trait et ce miraculeux
équilibre entre tendresse, fraîcheur, vivacité et concentration du propos. Jamais l‘éloquence n‘est forcée, jamais une nuance ni une attaque n‘est exagérée,
jamais un tempo n‘est précipité. Ensemble
précieux, inédit, et de tout premier intérêt discographique.
Jean-Michel Molkhou, Diapason 1/00
Here is a recital by several great instumentalists. Often the atmosphere of a true
"chamber" ensemble is missing when several great soloists play together, but not here. The recorded sound is beautiful, and the musicality
could hardly be bettered. These are prime recordings by Richter, Kagan, Bashmet and each musician involved.
www.hbdirect.com
Eine einmalig schöne und musikantische Spielkunst, die in Ihrer künstlerischen Überzeugungskraft
so vollkommen ist, dass Fragen des stilistischen Geschmacks wie von selbst in den Hintergrund rücken. Das schwebende, gewichtslose Spiel Sviatoslav
Richters könnte für Mozart nicht adäquater sein. Wie sehr fehlt in der Pianistenlandschaft dieser Titan.
Klassik heute
Eine Traumbesetzung: Sviatoslav Richter am Klavier, die
Cellistin Natalia Gutman, der Bratscher Yuri Bashmet, dazu die Geiger
Victor Tretyakov und der viel zu früh verstorbene Oleg Kagan. Das kleine
Münchner Label "Live Classics" hat die Aufnahme von Mozarts
erstem Klavierquartett herausgebracht, das die Haltung dieser Musiker
eindrucksvoll widerspiegelt. Es ist eine beinahe ausgestorbene Tradition,
bei der sich der ausübende Künstler dem Werk unterordnet, ohne dabei
klein zu wirken.
Helmut Mauró
Süddeutsche Zeitung 2/01
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