|
This is Vol. I of a
Portrait Series devoted to that fine cellist Natalia Gutman and it gives
us excellent performances of three Russian works recorded between 1976 and
1986. Her playing of the first Shostakovich is taut and rhythmically
precise, but even more striking is the orchestral playing under Kyrill
Kondrashin. The shrillness of the woodwind and the sarcasm of the brass
heighten the anger and satire of this concerto.
It is a pity that it has come to overshadow its successor, for the
second concerto is another dark work, even more embittered. Gutman's
performance is fully equal to the challenge and she is well supported by
the conducting of Dmitri Kitajenko.
Schnittke's Dialogue dates from 1965 and shows the strong influence of
Shostakovich but soon declares its individuality in some manic writing for
the chamber group. But the mixture of styles had not then become a
mannerism and one listens with keen ears to Schnittke's astonishing flair
for unusual blending of instrumental colours.
Michael Kennedy,
The Sunday Telegraph 4/01
Les récentes "Folles Journées" russes
à Nantes ont
rappelé à plusieurs milliers d'auditeurs que la violoncelliste Natalia
Gutman reste l'une des plus authentiques interprètes des deux concertos
que Chostakovitch a dédiés à Mstislav Rostropich. Si les gravures
américaines et soviétiques de ce dernier restent les références dans
une discographie riche et abondante, ces live moscovites constituent des
alternatives crédibles en rappelant la splendeur de l'enregistrement de
ce diptyque que Natalia Gutman a réalisé avec Temirkanov à Londres
(EMI). Malheureusement, ici, les accompagnateurs ne sont pas du même
niveau: Kondrachine sert avec éclat L'héroïsme communicatif de l'Opus
129 mais la battue uniforme, sinon militaire, de Kitayenko dans l'Opus 126
ne réussit guère à donner toute sa profondeur quasi métaphysique au
récit construit par la soliste.
Pierre E. Barbier,
Diapason 5/01
L‘excellente violoncelliste russe Natalia Gutman, accompagnée à la perfection par Youri Temirkanov
et le Royal Philharmonic, a déjà gravé une version de référence de ces deux
concertos (RCA, 1988). Enregistrées “live” en 1976 (avec Kiril Kondrachine) et en 1986 (avec Dimitri Kitaenko),
les présentes interprétations sont techniquement moins parfaites et
expressivement moins idéales d‘ampleur et de tranchant. Mais le complément vaut le détour: le rare Dialogue pour
violoncelle et sept instruments (1965), oeuvre de jeunesse d‘Alfred Schnittke, écrite à l’époque où, sous l’influence
passagère de Luigi Nono (en visite à Moscou en 1964), le compositeur russe ne voyait aucune contradiction ni incompatibilité
fondamentale entre la rigueur rationnelle du système sériel et l‘intensité de l‘expression.
Patrick Szersnovicz, Le monde de la musique 3/2001
Les deux Concertos pour violoncelle de Chostakovitch dans la version studio parue chez BMG sont considérés comme de superbes
témoignages. Ici, la matière sonore de ces gravures de 1976 et 1986 est confondante d‘investissement physique, de grandeur,
d’humanité. Les climats défilent dans un foisonnement de doutes et d’essais de timbres, où les incertitudes techniques disparaissent
au profit d‘une lutte incessante entre les deux solistes. Le Dialogue de Schnittke est superbe.
Stéphane Friédérich, Classica 4/2001
Bien que relativement riche, la discographie du 1er Concerto recèle peu de réussites aussi attachantes que celles de
Sádlo-Ancerl ou Khomitser-Rojdestvenski, lesquelles sont bien les seules à ne pas rentrer sous terre face aux nombreuses références laissées par
le dédicataire de l‘ouvrage, Mstislav Rostropovich (s‘il ne vous en faut qu‘un, choisissez le superbe enregistrement Sony de 1959 avec Ormandy).
Plus austère et d‘une esthétique plus énigmatique, l‘Opus 126 ne le cède en rien sur le plan musical, bien au contraire, mais à l‘instar du sort
réservé au 2e Concerto pour violon, il connaît un succès moindre que son aîné. Et ici encore, c‘est “Siava” qui a réglé la question, notamment avec
Ozawa à Boston en 1975 (OG), mais le témoignage “live” moins bien sonnant de 1967 avec Svetlanov va plus loin encore (EMI ou Russian Disc).
Cependant, parmi es interprètes qui ont programmé l‘idéal couplage des deux chefs-d‘oeuvre pour violoncelle et orchestre de Chostakovitch, des alternatives
satisfaisantes avaient été proposées par Schiff-Maxime Chostakovitch, Monighetti-Válek, Kliegel-Wit, Maisky-Tilson Thomas (DG) et, avec moins de réussite,
par Natalia Gutman et Youri Temirkanov (RCA). La violoncelliste russe s‘imposait par la hauteur de vue et la tenue de son jeu dans l‘Opus 126 plutôt que dans
un Opus 107, dont le brio exubérant convient moins à son tempérament, tout de rigueur introspective. Il faut dire que la baguette peu subtile de Temirkanov et
une prise de son assez étouffée renforcaient chez l‘auditeur l‘impression générale d‘une réalisation inaboutie et corsetée.
Le résultat est autrement éloquent dans ces prises de concert effectuées en juin 1976 et en novembre 1986 dans la salle Tchaikovski du Conservatoire de Moscou.
D‘abord parce que la direction de Kondrachine dans l‘Opus 107 pulvérise celle de Temirkanov, concurrencée moins férocement par celle de Kitayenko dans l‘Opus 126.
Ensuite parce que l‘intensité du jeu de Natalia Gutman en concert se révèle sans commune mesure avec ses prestations de studio, musicalement inattaquables mais d‘une
morosité endémique. Du coup le 2e Concerto voit son amertume grinçante et ses violentes crispations exacerbées dans une humeur rageuse,
tandis que le 1er acquiert une autorité péremptoire voire une dimension hallucinée (le finale!) qu‘on n‘avait que rarement discernées ailleurs, et jamais sous cet archet.
Le Dialogue, de 1965, constitue l‘une des premières partitions de chambre écrites par Schnittke. Les micro-inflexions de son écriture et les prétentions de ses gradations
dynamiques à une signifiance thématique tout comme la banale monodie atonale assumée par le violoncelle revêtent à mes oreilles l‘aspect d‘un souvenir expérimental des
“sixties” plutôt que d‘une véritable originalité.
Gérard Belvire, Repertoire 4/2001
|