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Sviatoslav
Richter played this recital in
the just hundred-year-old rural folk theatre Terofal in Schliersee. As
already two months ago in the hall of the University of Munich (complete
recital now on LCL 481) the 77 year-old Sviatoslav Richter seemed to be in
excellent condition. His playing is perfect in the technical sense, there
seems to be no limit to his strength, his creative power has culminated in
impressive maturity and intensity of style. Richter gave a carefully
measured, calm, stunningly profound and long performance of the brilliant
piece (Haydn). A superb performance! (Beethoven Sonata). In Debussy's
"L'isle joyeuse" Richter celebrated a feast of colours: not in
an atmosphere of half-light but of absolute clarity.
Wolfgang Schreiber
Süddeutsche Zeitung 7/92
Manifestement, Richter a un faible
pour la grande Sonate en la bémol majeur Hob. XVI: 46 de Joseph Haydn. Il
l’a déjà "gravée" pour Decca – et toujours en public –
en 1986. La version qu’il nous propose maintenant, et qui est aussi
formidablement convaincante que la précédente. s’ouvre par un Allegro
moderato abordé. si je puis dire. avec la simplicité de l’évidence...
Allegro moderato également sous-tendu – cela est fondamental! – par
une force dramatique irrésistible. croissante. dévastatrice. totalement
libérée dans le développement. Un Adagio ici noble. grave. austère.
qui renoue avec l’univers affectif de Bach. un Presto très enlève
servant – sous les doigts inspirés de l’artiste – d’indispensable
exutoire après la concentration imposée (a l’auditeur tout autant qu’a
l'exécutant!) par le splendide mouvement lent. En vérité. Richter est l’un
des rares interprètes à dominer d'aussi haut la discographie de ce chef
d’oeuvre pianistique antérieur à 1770.
... Un début tranquille, paisible et
sobre. des staccatos de croches précis et impérieux, une suprême
élégance de style caractérisent la lecture Richter dans le premier
mouvement de la Sonate op. 54 composée par Beethoven en 1804. Véritable
"mouvement perpétuel", le second et dernier mouvement est joué
avec une obsédante régularité rythmique (voulue!), qui va de pair avec
l’étonnante lisibilité du contrepoint à deux voix sur lequel cet
Allegretto est construit pratiquement de bout en bout.
Sviatoslav Richter évite toute
sentimentalité de mauvais goût dans Chopin (ce dont ce dernier lui eût
été reconnaissant!) et dans Scriabine. dont il souligne à l’occasion
les aspects visionnaires (Poème-Nocturne). Son Debussy. singulièrement
tonique et déchaîné conclut en apothéose ce merveilleux récital.
Jean Dupart
Compact Disc Edition Classique 11/93 |