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As with previous Richter issues from Live Classics, this one shows the
great man in fine fettle. At the age of 77, his playing is by turns subtle
and imperious, always firm in concentration and with scarcely a technical
smudge in sight. The recital took place at the third International
Festival named after his close friend, the violinist Oleg Kagan, in a
small town in the Bavarian Alps – precisely the kind of out-of-the way
venue where Richter felt most at home and where his music-making blossomed
most freely.
He and Natalia Gutman were already longstanding chamber-music partners;
there is even a 1985 recording of the Britten sonata by them on the
now-defunct Revelation label. Temperamentally they are well attuned –
both essentially take a no-frills approach, yet such is the authority of
their playing that is hardly ever seems wanting in colour. Their Saint-Saens
finds more nobility and substance than you might think possible in such a
apparently harmless score, and their Britten yield only marginally to the
composer’s recording with Rostropovich, offering many of its own fresh
nuances of fantasy and wit.
In any case this was always music clear to Richter’s heart, and there
is abundant energy and dash in his dialogues with Gutman. Their
collaboration is as effective as any modern alternative I have come
across.
David Fanning
International Record Review 1/01
En matière de musique contemporaine non russe enfin, j'ai essentiellement
abordé Britten, Hindemith, Stravinsky, Berg et Webern. De Britten, ce fut
d'abord la sonate pour violoncelle, que je jouai avec Rostropovitch, puis
plus tard avec cette extraordinaire musicienne qu'est Natascha Gutman,
l'unes des personnes avec laquelle j'ai eu le plus de plaisir à faire de
la musique.
Sviatoslav Richter
B. Monsaingeon, Richter, Éditions Van de Velde/Actes Sud/Arte Éditions
1998
C’est une véritable recontre de titanes que celle-ci, enregistrée en public en juillet 1992: beaucoup
de son, sans doute, mais une manière di vivre la musique à nulle autre pareille, sans complexes ni restriction. Et si l’art de Natalia Gutman est
d’une certaine manière plus classique que celui de Rostropovitch, sa sonorité a la même ampleur, sonarchet une fermeté magnifique et son tempérament
un caratère impérieux. La Sonate de Saint-Saëns bénéficie pleinement d’une approche aussi franche et généreuse et se déploie avec vigeur. Celles de
Britten et de Prokofiev, si différentes dans leur écriture et dans leur esprit, bénéficient également d’un traitement instrumental si somptueux
que l’on ne saurait s’arrêter sur des questions de syle ni sur des détails d’interprétation.
Gérard Mannoni, Le monde de la musique 11/1995
Dans le cadre du Festival qu’elle organise annuellement en souvenir de son mari le violoniste Oleg Kagan (1946-90),
Natalia Gutman fait appel à ses vieux amis, en particulier le célébrissime Sviatoslav Richter. En la journée du l2 juillet 1992, au Palais des Congrès de Rottach-Egern
au bord du Tegernsee, les deux compatriotes interprétèrent une trilogie inédite de sonates pour piano et violoncelle. Elle comporte la postbeethovénienne Sonate op. 32
de Saint-Saëns, âpre et emportée en ses allegros extrêmes, exploitant le registre grave du violoncelle alors que le ciavier s‘en tient à une toccata aussi sèche que dense.
Par contraste, la Sonate de Britten, de presque quatre-vingt-dix ans postérieure, apparaît comme proche d‘une suite néobaroque au lyrisme plus fluide que vraiment passionné.
L‘ultime Sonate op. 119 de Prokofiev, également en ut majeur, renoue avec une facture classique qu‘illumine une inspiration mélodique se souvenant pan instants de la grâce
radieuse de la Juliette dansante du
ballet de 1935. Richter en fut le créateur avec Rostropovitch en 1949. Son entente avec Natalia Gutman dépasse la simple homogénéité de style pour laisser place à une cohésion
instinctive. Même si Richter impose sa rectitude de lecture, l‘égalité de son jeu laisse à la violoncelliste une grande liberté de phrasé, à la fois inventif et expressif dans
Saint-Saëns et Prokofiev, plus discursif et impulsif dans la Sonate de Britten dont le style tendu, brillant, le lynisme apparemment passionné puis sardonique, est plus difficile
à conduire.
Pierre-E. Barbier, Diapason 1/1996 |